Le mot du président
Chers collègues et amis,
Lors du colloque de la Martinique, les membres de l'association ont élu un nouveau président et un nouveau bureau avec la composition suivante :
président : Bernard Pecqueur (Professeur en aménagement à l’université de Grenoble),
le candidat vice-président : Michel Dimou (Professeur en aménagement à l’université de la Réunion),
secrétaire générale : Lise Bourdeau-Lepage (Professeure de géographie à l’université de Lyon),
trésorière : Véronique Peyrache-Gadeau (Maître de Conférences en économie à l’université de Savoie)
et secrétaire adjoint : Bruno Jean (Professeur en économie, université de Rimouski).
Cette équipe se propose, à titre de programme, de s’inscrire dans la continuité des précédents mandats et notamment de poursuivre et de renforcer les orientations imprimées autour des deux derniers mandats. Les défis relevés par l’association peuvent être résumés dans cinq dimensions :
- L’ouverture interdisciplinaire et thématique
- L’amélioration de la visibilité de l’ASRDLF au travers des outils scientifiques mis en place : RERU, colloques, Prix Aydalot, …
- La performance des outils de communication entre nous (Nouvelles brèves) et autour de nous (nouveau site web)
- La coordination avec l’international
- Le renforcement de l’accueil des jeunes chercheurs (ses) au sein de l’association
Les mandats précédents ont fortement avancé sur ces cinq chantiers et en ont ainsi démontré la pertinence. C’est pourquoi l’équipe qui démarre se propose de prendre la mesure de nouveaux défis récemment apparus.
L’association est devenue une grande association scientifique dans les sciences humaines et sociales, tant du point de vue du nombre de ses adhérents, de l’importance de son colloque annuel que de la montée en notoriété et qualité de sa revue, la RERU. Nous sommes donc confrontés à des effets de seuil qui nous obligent à élever le niveau d’exigence et d’innovation dans nos actions et modes d’organisation. Peut être faudra-t-il envisager de renforcer le bureau pour y faire face. D’ores et déjà et si le besoin se présente, il nous semble utile de pouvoir faire appel temporaire à des chargés de missions au sein de l’association pour renforcer, de leurs compétences, l’action du bureau.
Reprenons les cinq orientations à renforcer :
- L’interdisciplinarité ne se décrète pas, on ne peut que la constater. Dans notre association, le besoin d’élargir les concepts et les méthodes au-delà de la seule « économie régionale » vient de l’émergence des problématiques dans le cadre de la globalisation, de la montée des interrogations sur les formes de politiques publiques qui seraient « territorialisées » et d’un retour des problématiques d’aménagement (notamment dans les espaces ruraux) pour apporter quelques réponses aux questions lancinantes du « vivre ensemble ». Notre objectif est d’être à l’écoute et de permettre qu’aux côtés des économistes (fond de base de la science régionale française), les géographes, les aménageurs mais aussi les politistes et les sociologues (notamment de l’urbain) puissent participer aux mêmes interrogations et apporter leur angle de vue à notre débat. Il s’agit aussi de savoir accueillir des thématiques émergentes (durabilité, gouvernance, vulnérabilité des territoires, analyse des risques, etc.). Cela doit se faire à travers les manifestations scientifiques, les publications, le site.
- L’amélioration de notre lisibilité scientifique reste un des grands objectifs mais on peut dire qu’elle a beaucoup progressé grâce notamment à l’impulsion du président précédent, André Torre. Citons tout d’abord la RERU. Après le travail remarquable effectué par Claude Lacour, une nouvelle étape a été engagée lors du dernier mandat. La reconnaissance scientifique de la revue est aujourd’hui bien assise même si la vigilance est toujours nécessaire. Nous avons une totale confiance dans l’équipe autour d’André Torre pour que la RERU demeure le premier étendard de notre crédibilité scientifique. Les colloques, deviennent de plus en plus gros (ce qui est une bonne nouvelle) et l’équipe sortante avait engagé le chantier d’une charte de qualité des colloques. Cette charte existe mais devra progresser encore pour s’adapter aux évolutions futures. De la même manière, le prix Aydalot rencontre un succès croissant. Cette année 24 dossiers examinés, cela veut dire 48 lecteurs plus 24 de réserve, etc. Il faudra donc avec Maryline Filippi, présidente du prix, mettre en place une infrastructure plus solide (un réseau stable de lecteurs) et mieux anticipée pour faire face au succès. Nous songeons aussi à poursuivre et améliorer la politique de soutien à des manifestations hors colloque annuel type « workshop » en les labellisant avec une subvention à la mesure de nos finances. On propose d’engager un chantier sur une évaluation de la notoriété et des facteurs d’impact des thèmes de la Science Régionale défendus par les membres de l’association, notamment dans la littérature francophone. Enfin, un workshop annuel et thématique distinct du colloque annuel et plus resserré, peut être envisagé pour valoriser telle thématique et tel lieu de recherche.
- Les outils pour communiquer feront également l’objet de toute notre attention. Nous bénéficions de l’acquis d’un site renouvelé modernisé, offrant davantage de possibilités et nous comptons utiliser le mieux possible un tel outil. De même, les Nouvelles Brèves, maintenant couplées au site sont devenues indispensables et animent un réseau de près d’un millier de personnes... Dans cet ordre d’idée, un élargissement de notre capacité à publier dans d'autres revues qui nous sont proches et dont nous désirons poursuivre la démarche de labellisation [Région et Développement ; Géographie, Économie, Société (relancée en 2010 après le décès de Georges Benko), Développement durable & territoires, Territoires du futur, les Cahiers scientifiques des transports] est souhaitable et envisagé. Nous souhaitons également nous rapprocher de certaines associations de géographes, de gestionnaires et d’aménageurs (on songe notamment à l’APEREAU), pour des actions communes.
- L’international est bien sûr la dimension qui conditionne le souci et l’objectif de permettre une expression internationale des travaux de science régionale d’expression française. En accord avec les « pères fondateurs », nous pensons qu’il y a une spécificité de l’expression francophone qui n’est pas soluble dans la langue anglaise. Pour autant, il serait dangereux de s’enfermer dans une échelle hexagonale même élargie à la francophonie. C’est pourquoi, nous comptons poursuivre et renforcer les contacts naturels avec l’association européenne (ERSA), l’américaine NARSC (North American Regional Science Council) et la pacifique PRESCO (Pacific Regional Science Conference Organization) mais aussi les associations d’autres pays notamment en pratiquant les manifestations conjointes sur le modèle des colloques de Paris 2007 ou d’Aoste 2010. Si ici ou là, l’usage de l’anglais est le bon vecteur pour dialoguer à l’extérieur et promouvoir la spécificité francophone, nous le soutiendrons.
- Nous sommes convaincus que l’avenir de notre association dépend en grande partie de ceux qui préparent leur thèse en ce moment. L’association s’est toujours préoccupée de la jeune recherche. En premier lieu, le SEDER constitue une école doctorale très prisée et qui constitue un des éléments importants de notre crédibilité vis-à-vis des jeunes chercheurs (et aussi de leurs directeurs de thèse). Nous souhaitons l'aider à se pérenniser et à se renforcer. D’autres actions sont possibles comme les bourses pour permettre aux doctorants de participer à nos colloques mais cette disposition a des limites budgétaires assez fortes. D’une manière générale, nous proposons de nouer des contacts avec l’ensemble des laboratoires francophones pour faire passer une communication ciblée sur les jeunes doctorants ou docteurs afin de susciter des initiatives propres à la jeune recherche sur notre champ.
Bien sur d’autres chantiers s’ouvriront lors de ce mandat et notamment celui de notre capacité à financer nos ambitions. Pour toutes ces questions et celles qui viendront, nous nous engageons à rendre compte régulièrement de notre action et à faire vivre le débat notamment avec le conseil d’administration. En ce début d'année 2012, le bureau dans son ensemble se mobilise à votre service et vous souhaite à tous une année pleine de réussites scientifiques mais aussi personnelles
Bernard PECQUEUR,
Michel DIMOU, Lise BOURDEAU-LEPAGE, Véronique PEYRACHE-GADEAU, Bruno JEAN